$(document).ready(function(){ $(window).on('scroll', function () { var elmt = $('.from-left, .from-right'); var topImg = $('.from-left, .from-right').offset().top; var scroll = $(window).scrollTop(); $(elmt).each(function() { var topImg = $(this).offset().top - 300; if ( topImg < scroll ) { $(this).css("transform", "translate(0,0)"); $(this).css("opacity", "1"); }; }); }); });

Lisbonne

L'écrivain portugais Francisco Manuel de Melo qualifiait de saudade ce sentiment de nostalgie supposé envahir tout lisboète à la vue du Tage, cette "mer de paille" aux reflets dorés, porteuse des rêves de voyage de tout un peuple.

Bélem

Ces rêves ont pris réalité à Bélem, quartier de Lisbonne situé à 6 kilomètres à l'ouest du centre actuel. On est ici aux portes de l'océan, et de là sont partis beaucoup des grands explorateurs portugais pour leurs voyages au travers le monde, dont Vasco de Gama en 1497.

P 20170923 110214Découvrant Bélem en longeant la côte, on débouche sur l'imposant Monumento das Descobertas, voulu en 1960 par Salazar en commémoration du 500ème anniversaire de la mort d'Henri le Navigateur.

Un peu plus loin, se trouve la Torre de Belem, l'un des monuments les plus emblématiques du patrimoine portugais. Elle fut édifiée en 1515 par le roi Manuel pour servir de tour de contrôle maritime, surveillant les navires à l'embouchure du Tage. Située aujourd'hui sur les bords du Tage,  elle trônait autrefois en son milieu. Elle a résisté au séisme de 1755 qui a dévasté Lisbonne, en bougeant certes, mais en restant toujours debout!

L'ancien et le moderne se marient ici, et un peu plus loin encore, c'est le magnifique museu de Arte, Arquitetura e Technologia. Nous ne sommes pas entrés à l'intérieur, mais ce bâtiment long de 190 mètres qui ressemble à une vague est très impressionnant.

Classé au Patrimoine mondial de l'Unesco, comme la tour de Bélem, le Mosteiro dos Jeronimos est tout simplement grandiose. Epargné comme par miracle par le séisme de 1755, sa construction a été décidée par le roi Manuel 1er en 1496. Les travaux ont duré plus d'un siècle.
L'église ("privatisée" ce jour-là par un mariage de gens sans doute importants et riches!) est un chef d'oeuvre de l'art manuélin. Le cloître du XVIème s. ressemble bigrement à une cour de palais, par l'exubérance de l'ornementation.

Le centre

P 20170922 141709On commence la visite de Lisbonne par le quartier de la Baixa. Au sud, le Tage, et l'immense praça do Comercio, une des plus belles places d'Europe, bordée au sud par un ponton monumental sur le Tage, et au nord par un arc de triomphe débouchant sur la rua Augusta. C'est la partie la plus basse et la plus plate de ville, car à Lisbonne comme à Porto, on monte et on descend. La Baixa forme un grand rectangle urbain, fruit de la reconstruction de la ville par le marquis de Pombal après le terrible tremblement de terre de 1755. Les rues se coupent à angle droit, et s'y mêlent aujourd'hui commerçes, bureaux, appartements.

Quartier du Castelo et d'Alfama

C'est l'âme de Lisbonne. Habité longtemps par les marins et les pêcheurs, il est resté populaire avec des personnages bien typés. C'est le plus ancien quartier de Lisbonne, le plus connu aussi, il est l'emblème du Lisbonne éternel.

Déjà habité par les Wisigoths, l'Alfama (mot qui vient d'alhama, évoquant d'anciennes fontaines sur la colline) est un réseau inextricable de ruelles tortueuses, volées d'escaliers, passages voûtés, cours intérieures, patios. Ici, mais pas seulement ici, est né le fado, cet art de la rue autour duquel les hommes et les femmes du quartier se retrouvent encore pour chanter leur ville, leur vie, leur souffrance, leur pauvreté.

Le Castelo de Sao Jorge est construit sur la plus haute colline de Lisbonne. On y arrive à pied, mais aussi en tramway pour les moins courageux, dont nous avons fait partie. Mais nous sommes redescendus à pied. Phéniciens, romains, maures ont occupé le site au fil des siècles, la vue n'y était pas tout à fait la même qu'aujourd'hui, mais sans doute tout aussi remarquable!

Le quartier enferme nombre de petits restaurants et de boutiques à fados. Le meilleur n'est sans doute pas dans les cafés à touristes, mais dans des lieux moins notoires et chics, à une heure où les touristes récupérent. Existe aussi le musée du Fado, que nous avons bien apprécié. 

Il faut marcher à Lisbonne, ce que nous avons fait, et découvrir au hasard ces rues anciennes ou moins, animées, bordées de belles maisons, entrer dans les églises toujours baroquisantes. L'avenida de la Liberdade, créee en 1890, large de 90 mètres, est aux lisboètes ce que les Champs-Elysées sont aux parisiens. C'est chic mais c'est beau, et à droite et à gauche, cela redevient populaire.

Sintra

Située à une trentaine de kilomètres au NO de Lisbonne, Sintra a attiré depuis longtemps les rois du Portugal, les princes et les princesses portugais, anglais et allemands. Cela vaut aujourd'hui une nuée de palais et belles demeures, élégantes ou délirantes. Mais Sintra a été aussi une source de méditation et d'inspiration pour des artistes et écrivains romantiques. Lord Byron y séjourne en 1809, qualifiant Sintra de "glorieux eden". Le danois Andersen y passe en 1866, comme plus tard Paul Morand.

En arrivant de la gare, le Palacio nacional de Sintra surprend d'abord par ses deux immenses cheminées qui sont celles des cuisines. Elles datent du XIV ème siècle. Pour le roi Manuel, dernier reconstructeur du château agrandi et modifié du XIIIè au XVIème s, seul l'intérieur comptait. Il voulait concurrencer le palais de l'Alhambra de Grenade.

Après un tour dans la ville (5000 h) et ses ruelles, montée (en jeep) vers le Palacio nacional de Penna, perché tout en haut de la colline. Adieu le classicisme à la française, la discipline et l'harmonie. Ici délire et imagination sont en liberté. Fausses murailles jaune canari, tours neo-gothiques rouge écarlate, pont-levis n'ayant jamais fonctionné, minarets et dômes mauresques, donjon, tout y est. 
Cette étrangeté a été construite par Dom Fernando II (1816-1885) de 1842 à 1864 sur l'emplacement d'un monastère. L'architecte est un allemand, qui a rassemblé ici une oeuvre éclectique, exubérante et romantique, mêlant tous les styles.  

Musique de fin

Une soirée fado pour finir, une belle voix dans un joli restaurant aux murs en pierre voûtés, voué il y a longtemps au stockage de la paille. Trop touristique sans doute, pas facile de faire autrement, sauf à enquêter longuement pour trouver une plus grande authenticité.

 

 

fado

Diaporama musical

 

Portugal - Lisbonne, Bélem et Sintra